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Hommage à Yves Cayre

Qu'il nous soit permis ici de rendre hommage à Yves Cayre, né en 1913, ancien apprenti de la M.A.T., ouvrier ajusteur de 1933 à 1940, puis technicien à partir de 1948, et qui rédigea avant son décès, survenu en 1970, l'historique de la Manufacture d'armes de Tulle. Dans cet ouvrage qui porte essentiellement sur la vie de l'établissement des origines à 1970, quelques passages sont réservés à l'histoire des armes qui y furent fabriquées. Plusieurs pages sont réservées au P.M. M.A.T. modèle 49 et reflètent parfaitement l'opinion d'un professionnel vis-à-vis de cette arme. Certes, l'évolution prototype par prototype, les modifications, améliorations n'y sont pas décrites sous l'aspect de la technique purement arme, mais plutôt sous l'aspect, oh ! combien passionnant, de la fabrication. Aussi, plutôt que de vous décrire l'évolution du P.M. M.A.T. 49 du premier prototype à la dernière modification de série, nous préférons laisser à Yves Cayre le soin de vous relater l'histoire du P.M. modèle 49.

HISTOIRE DE LA M.A.T., Yves Cayre

... Revenons pourtant au P.M. 49 et au bureau d'études ou l'ingénieur en chef Monteil avait établi avec le directeur Delamaire, un passionné des armes, les liens qui unissaient l'équipe solidement. Sur les planches à dessin de ce bureau, se penchèrent laborieusement les techniciens. A l'atelier d'études, qui n'était pas très opulent en matériel, mais surtout riche de l'habileté et des capacités des armuriers qui y travaillaient...
Ce fut donc à l'atelier d'études que furent fabriqués les cent premiers P.M. Ils furent envoyés en expérimentation en Indochine, dans les corps de troupes.
Les prototypes avaient été présentés à la section technique de l'armée et à l'établissement d'expériences de Versailles.
Ces délicates entrevues étaient assurées par l'ingénieur en chef Delamaire, qui fut un défenseur acharné de la réalisation M.A.T.

D'ailleurs celle-ci fut choisie, car elle répondait aux exigences les plus dures et triompha des embûches qu'en pareil cas on s'ingénie à accumuler pour tous les prototypes. L'étude de fabrication posa de nombreux problèmes. A cet effet, on détacha de Saint-Louis (Alsace) deux ingénieurs allemands spécialistes du découpage et de l'emboutissage, qui étudièrent uniquement les montages et les appareils destinés à la fa¬brication du boîtier de chargeur. La carcasse, pièce principale, découpée et emboutie, de réalisation très difficile, fut étudiée simultanément par la M.A.T. et la firme Dallet de Brive.

L'étude de fabrication fut génératrice de problèmes nouveaux, certains difficiles, tant en ce qui concernait les montages de fabrication, les traitements et les outillages. C'est là, bien entendu, l'aspect classique que revêt partout toute étude visant à l'industrialisation d'un matériel. En décembre 1948 la M.A.T. devait envisager l'équipement nécessaire pour une fabrication de 5 000 armes par mois. C'était une notification de la D.E.F.A. En juin 1949, on adoptait l'arme avec crosse métallique coulissante. En octobre 1949, la MA. T. prenait ses dispositions pour honorer les 5 000 armes mensuelles avant la fin de l'année. En janvier 1950, 50 armes étaient présentées aux essais à l'atelier d'expériences techniques de Versailles. En mai 1950, une modification était apportée à une pièce la boîte de carcasse baptisée depuis les débuts le cube, en raison de sa forme. Cette pièce pourtant de conception très simple fit surgir maints problèmes relatifs à l'emboutissage.
En septembre 1950 les essais furent poussés. Au cours du 1er semestre 1952, la cadence de fabrication était de 4 600 armes par mois. La manufacture avait déjà reçu en juillet l'ordre de pousser encore les fabrications de telle sorte que la cadence puisse passer à 10000 par mois en 1952. L'établissement devait alors renforcer son personnel et des mesures pour embaucher étaient prises. Mais en juillet 1952, la fabrication était ramenée à 5 000 par mois ; un marché de 203 millions était ramené à 49. Cependant, la manufacture avait construit en 1953, 63 000 P.M. 52000 en 1954 ; 60000 en 1955; 85000 en 1956. Puis un nouvel ordre ministériel prescrivait cette année-là de porter à nouveau la cadence à 10000 par mois. Cette production devait être maintenue en 1957. La manufacture pouvait faire face à ces brusques exigences grâce aux stocks de pièces fabriquées... et à l'esprit de prévoyance...

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